Le régime dans le judo : un point central de la performance à ne pas négliger
Le remige, ou travail de renforcement et d’explosivité des muscles du dos et des bras, est un élément clé pour tout judoka souhaitant améliorer sa puissance, sa stabilité et ses projections. En judo, une bonne force du remige permet de mieux contrôler l’adversaire, exécuter des techniques de projection efficaces comme l’ippon seoi nage ou l’uchi mata, et réduire le risque de blessure. Intégrer des exercices ciblés de remige dans son entraînement quotidien augmente la performance globale, la résistance musculaire et la capacité à maintenir le contrôle pendant les combats intenses.
🥋 Guide Alimentaire pour la Performance en Judo
1. Introduction : comprendre l’énergie du corps
Pour fonctionner, se déplacer, penser, digérer et surtout performer, le corps humain a besoin d’énergie.
Cette énergie est mesurée en calories (cal), mais cette unité est très petite.
Dans le langage courant et en nutrition, on utilise donc la kilocalorie (kcal) :
1 kcal = 1000 cal
Chaque action du corps consomme de l’énergie.
Plus un effort est intense, plus la dépense énergétique est élevée :
➡️ et pour un sport explosif et exigeant comme le judo, l’alimentation joue un rôle clé dans la performance.
2. Le ratio Poids / Force : un critère central en judo
En compétition, deux judokas d’une même catégorie de poids s’affrontent.
L’avantage revient alors à celui qui possède le meilleur rapport poids / force / puissance.
Force = capacité à appliquer une action physique
Puissance = force multiplier par la vitesse d’exécution
Poids = masse corporelle totale
Pour optimiser ce rapport, deux axes sont possibles :
✔ Augmenter la force musculaire
Par un entraînement intensif et quotidien bien pensé (tel que celui d’un pôle espoir)
✔ Réduire le poids sans perdre de muscle
Si l’on simplifie, le corps est composé principalement de muscle et de graisse :
Type de perte | Conséquence |
Perte de muscle | ↓ force → baisse de performance |
Perte de graisse | ↓ poids tout en conservant la force → bénéfique |
C’est le scénario recherché.
⚠ Attention au yoyo du poids
Certains judokas alternent entre prise et perte de poids rapides pour entrer dans la catégorie souhaitée.
Ces pratiques peuvent entraîner :
fatigue physique et mentale
baisse des performances
carences, hypoglycémie, pertes musculaires
frustration alimentaire + restriction → craquages
effet yoyo (perdre → reprendre → reperdre…)
La nutrition doit être un outil, pas une souffrance.
3. Objectif de performance
Pour performer, un ratio poids/force idéal implique un faible taux de masse grasse, surtout à haut niveau.
Pour une femme judokate de compétition, une masse grasse d’environ :
≈ 10–13 %
(déjà très bas → nécessite un suivi responsable)
Pour un hommes judokate de compétition, une masse grasse d’environ :
≈ 6–10%
(déjà très bas → nécessite un suivi responsable)
Mais la performance durable repose sur deux piliers essentiels :
🔹 PLAISIR dans l’alimentation
🔹 RÉGIME tenable sur le long terme
Un plan trop strict = échec assuré.
Un plan logique, progressif et agréable = progression stable.
4. Le comptage des calories
Avant de changer quoi que ce soit, il faut se connaître soi-même.
Étape recommandée :
➡️ compter ses calories pendant 2 à 4 semaines
➡️ sans modifier l’alimentation
Objectifs :
identifier ton niveau calorique de maintien
comprendre quels aliments coûtent cher en kcal
repérer ce qui rassasie le mieux
Les deux indicateurs à suivre chaque jour :
Indicateur | Pourquoi ? |
Kcal consommées | contrôle du poids et du déficit |
Apport en protéines | maintien et croissance musculaire |
Prendre conscience → c’est déjà progresser.
5. Rôle fondamental des protéines
Les protéines sont la matière première du muscle.
Sans elles → perte musculaire, fatigue, récupération plus lente.
Pour une sportive jeune en développement musculaire, la recommandation est :
1,2 à 1,5 g de protéines / kg de poids / jour
Exemple pour 50 kg :
60 à 75 g de protéines par jour
Tant que ce quota est respecté, diminuer les calories permet de perdre du gras sans sacrifier le muscle.
6. Conseils pratiques pour optimiser ta nutrition
Le but est de manger malin :
🔸 plus de protéines
🔸 moins de calories
🔸 plus de satiété
🔸 toujours du plaisir
Comparatif concret :
Option | Kcal | Satiété | Intérêt sportif |
100 g de glace | ≈ 300 kcal | faible | plaisir rapide mais vide |
300 g framboises + 100 g skyr + 2 bananes | ≈ 240 kcal | très élevée | riche, rassasiant, nutritif |
→ Moins de calories, mais beaucoup plus de satisfaction et de nutriments utiles !
💧 Déshydratation contrôlée pour l’ajustement du poids (technique avancée)
Aujourd’hui, la déshydratation est devenue une méthode fréquemment utilisée dans le cadre de la gestion du poids avant une compétition.
Contrairement à la perte de gras – qui demande plusieurs semaines –, la perte d’eau est très rapide et, une fois le corps réhydraté correctement, la récupération des capacités physiques est tout aussi rapide (généralement en 24 à 48 heures).
Cependant ⚠ cette méthode doit être utilisée avec précaution et uniquement en dernier ajustement, pour cibler les derniers kilos à perdre juste avant une pesée.
📉 Marges et limites sécuritaires
Une déshydratation contrôlée de 2 à 3 % du poids corporel maximum est généralement considérée comme la limite haute pour rester dans une zone tolérable.
Pour un(e) athlète de 50 kg, cela représente environ 1 à 1,5 kg d’eau.
Cette perte doit être courte, encadrée, et ne jamais dépasser 48 h.
La réhydratation doit être immédiate après la pesée, pour restaurer rapidement les performances.
Exemple d’application (athlète de 50 kg)
Poids à perdre sur la dernière ligne droite : ~1,0 à 1,5 kg
Objectif → perte hydrique temporaire, récupération rapide après réhydratation
📉 Limites & Sécurité
Indicateur | Valeur recommandée | Exemple pour 50 kg |
Perte d’eau maximale | 2–3 % du poids corporel | 1 à 1,5 kg |
Durée maximale | ≤ 48 h | Jamais plus longtemps |
Moment de récupération | Juste après la pesée | Hydratation + électrolytes + glucides |
🧪 Exemple de protocole progressif et moins brutal
Plutôt que de couper l’eau brutalement, il existe une stratégie plus douce, utile pour gagner de la marge sans traumatiser le corps :
J-7 à J-2
Augmenter la consommation d’eau à 2–3 L/jour
Le corps s’habitue à éliminer davantage → augmentation du débit hydrique naturel.
24 h avant la pesée
Dernier entraînement sans boire pendant la séance
Réduire l’apport hydrique uniquement sur cette période
Objectif : favoriser une déshydratation légère et temporaire.
Juste après la pesée
Réhydratation immédiate
Boissons riches en électrolytes + glucides pour recharger énergie et eau
→ Récupération rapide, retour des capacités physiques pour le combat.
🧪 Stratégie progressive recommandée
Phase | Action | Objectif |
J-7 → J-2 | Boire 2–3 L/jour | Augmenter le débit hydrique naturel |
24 h avant pesée | Diminuer fortement l’eau / pas d’eau à l’entraînement | Induire la perte hydrique finale |
Après la pesée | Réhydratation immédiate | Récupération totale pour le combat |
🔥 Important à retenir
Cette méthode ne doit jamais remplacer un travail de fond sur l’alimentation et le pourcentage de masse grasse.
Elle sert uniquement de dernier ajustement, sur de petites variations de poids.
Elle doit être maîtrisée, planifiée, et jamais improvisée.
Un excès → risques : fatigue, malaise, baisse de cognition, perte de force.
C’est un outil, pas une stratégie durable.
La performance se construit sur la nutrition, l’entraînement et la récupération, pas sur la déshydratation.
⚠ Points de vigilance
Risque | Cause | Prévention |
Perte de performance | Trop grande déshydratation | Respecter la limite 2–3 % |
Malaise / fatigue | Restriction trop longue | Ne jamais dépasser 48 h |
Récupération insuffisante | Mauvaise réhydratation | Boire + électrolytes directement après |
📊 Résumé des points clés
Thème | À retenir |
Énergie | 1 kcal = 1000 cal |
Objectif judo | Ratio poids/force → perdre du gras sans perdre de muscle |
Masse grasse cible femme | 10–13 % pour haut niveau |
Suivi personnel | Compter kcal & protéines 2–4 semaines |
Protéines | 1,2–1,5 g/kg/jour → ex : 50 kg → 60–75 g |
Progression durable | Satiété + plaisir + constance |
Stratégie alimentaire | Plus de protéines, moins kcal, mais bon goût |
📊 Objectif de la déshydratation contrôlée
Utilité | Moment d’utilisation | Ce que ça permet |
Ajustement final du poids | Juste avant la pesée | Perdre les derniers kilos rapidement |
Outil ponctuel | Jamais sur le long terme | Récupération rapide après réhydratation |
J’ai volontairement simplifié certaines notions pour rendre l’explication plus facile à comprendre.
Si vous le souhaitez, il est possible d’aller plus loin en s’appuyant sur des documents scientifiques et des études de recherche, afin de mieux appréhender le sujet dans sa globalité et pas seulement ce qui est utile sur le moment.
Pour compléter vos connaissances, certains comptes Instagram proposent des points de vue intéressants sur la nutrition sportive (même si tout n’est pas forcément adapté à chaque personne) :
@geeknfit et @violette.diet.
Pour une personne ayant seulement 1 à 1,5 kg à perdre, une légère réduction calorique combinée à une gestion intelligente de l’hydratation peut permettre de retrouver rapidement son poids cible. Ensuite, il est possible d’établir un plan plus durable pour réduire la masse grasse tout en conservant le plaisir de manger.
Des idées de recettes équilibrées, avec un bon rapport kcal / protéines / satiété, peuvent être trouvées sur @swiss.fitcook et @recettes.de.vince.
Apprendre à se connaître et adapter son alimentation
Apprendre à se connaître est une étape essentielle. Par exemple, certaines personnes peuvent préférer ne pas prendre de petit-déjeuner, car ce repas est souvent riche en sucre et facile à supprimer. Dans ce cas, il est possible de répartir les calories sur deux repas plus copieux plutôt que sur trois repas plus petits.
Il n’existe pas de méthode universelle : l’important est de trouver ce qui fonctionne pour soi. Pour cela, il faut tester différentes approches, répartitions et rythmes alimentaires. Cette expérimentation permet de découvrir ce qui optimise la performance physique et mentale.
Gestion de l’alimentation autour des compétitions
Avant une compétition, il est important de bien s’alimenter la veille pour disposer de suffisamment d’énergie.
Il faut toutefois éviter les aliments très riches en eau, car leur poids peut influencer la pesée. Les aliments à privilégier sont ceux riches en nutriments mais légers en volume.
Certaines personnes choisissent d’être à jeun le jour de la compétition, ce qui peut aider à se concentrer et à libérer plus d’adrénaline.
Chaque stratégie est personnelle : l’important est de tester, observer et choisir ce qui convient le mieux à son propre corps.
